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G - Posté le 01/11/09 12:04

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Charles Baudelaire

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

(In Les petits poèmes en prose)

Linae - Posté le 01/11/09 12:21

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Si le fruit d'un raisonnement est la souffrance alors ce raisonnement est faux. 
G - Posté le 01/11/09 12:28

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si ce raisonnement est élargis  à tout domaine , oui ,  mais raisonner  c'est méditer aussi , et l'ont peut donc méditer  sur tout , il n'en sortira pas que de la joie , car la souffrance est sa soeur  ....


il faut équilibrer  les deux , car tout  est lié ,  et en tirer  les lecons en conscience , pour chacuns de nos actes  ,  pas évident , dans ce monde ....
G - Posté le 03/11/09 19:01

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« un mot peut
vous inonder
quand il vient
de la mer ».

Dickinson

G - Posté le 04/11/09 19:29

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  Beuverie nocturne avec Su Dung-Po (1036-1101) de Volker Braun poème       Sur le sol je me repose
De ma
Poitrine l’eau coule
Et d’où
Ce qui sourd des pierres


L’espoir est vide de sens
Tout comme le désespoir
Personne ne boit ? Demandent les draps :
«Déverse ce qui te reste de vie…»


Si j’ai trop de sueur
Bien peu d’encre en revanche
Et salive plus que patience
Pour écrire le monde
Jusqu’à ce que je tarisse –

Traduit de l'allemand par Alain Lance
G - Posté le 05/11/09 22:35

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Des cranes partout
je n'en ais pas peur ,
j'en ais peind aussi ,

Des corps partout ,
je n'en ais pas peur ,
j'ais le mien ici ,

Des morts partout
elle ne me fait pas peur ,
j'aurais ma mort aussi  .
G - Posté le 06/11/09 20:26

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LE DÉSESPOIR EST ASSIS SUR UN BANC

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)

XpdR - Posté le 06/11/09 20:47

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G c'est :

LE DÉSESPOIR ASSIS DEVANT SON CP CONNECTE SUR LE FORUM D'OB

G - Posté le 06/11/09 20:57

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Les Corbeaux


 Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.
Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous,
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment les morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
0 notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.



A. R
G - Posté le 07/11/09 17:56

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up!
L'irlandaise - Posté le 07/11/09 19:00

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j'ai mis un poeme de dylan thomas qur mon blog aujourd'hui, poete au demeurant tres interessant qui a inspiré son nom d'artiste  à Robert zimmerman ( bod dylan, quoi ! )

"Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière"

L'irlandaise - Posté le 07/11/09 19:01

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Linae a écrit : Si le fruit d'un raisonnement est la souffrance alors ce raisonnement est faux. 

bien vu, qui a dit cela ?

"Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière"

G - Posté le 07/11/09 19:42

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L'irlandaise a écrit :
Linae a écrit : Si le fruit d'un raisonnement est la souffrance alors ce raisonnement est faux. 

bien vu, qui a dit cela ?


suis pas raccord avec Linéa , car la souffrance  ,  meme le plus grand des philosophe l'a connue ,  et un raisonnement , est toujours limité à ce que l'ont connais , de nous meme , et du monde  récipIendaire  , mais tout évolue  , les horizons seront toujours  lointains  ....

pas mal  Zimmerman ^^
L'irlandaise - Posté le 07/11/09 20:08

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zimmerman ( le Grand Bob ) est un génie poétique , sinon, dylan thomas, le voici :


J'ai ardemment souhaité partir


J'ai ardemment souhaité partir
Loin des sifflements du monde usé
Et du cri incessant des vieilles terreurs,
Plus terribles à mesure que le jour
Passe la colline et plonge dans la mer profonde.
J'ai ardemment souhaité partir
Loin de la répétition des saluts
Car il y a des âmes dans l'air
Et des échos d'âme sur ma page
Et le tonnerre des appels et des notes.

J'ai ardemment souhaité partir mais j'ai peur.
Une vie, encore neuve, pourrait fuser
Hors du vieux mensonge en feu sur le sol
Et, crépitant dans l'air, me laisser à demi aveugle.
Et dans la vieille peur de la nuit,
Le couvre-chef que l'on ôte,
Les lèvres pincées devant le récepteur,
Je ne tomberai pas sous la plume de la mort.
Peu importe si je meurs de tout ceci qui est
À moitié convention et à moitié mensonge.

(Dylan Thomas)

"Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière"

L'irlandaise - Posté le 07/11/09 20:10

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"je ne tomberais pas sous la plume de la mort"

ça c'est extraordinaire !!!  j'aurais voulu écrire un truc aussi profond où une seule phrase suffit à tout dire !

tout le monde s'en fout ici, mais j'ai appelé mon petit chat "dylan", pour les 2 raisons ( les 2 poètes )

"Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière"